« Vous êtes ici » : des applications mobiles de transport utiles… mais curieuses

Des applications qui volent au secours de la mobilité en ville

Il est difficile de ne pas reconnaître la complexité croissante des infrastructures et système de mobilité dans nos sociétés contemporaines : réseaux autoroutiers de plus en plus dense, grande vitesse ferroviaire, développement des métros, tram, bus… l’offre de transport public va croissante dans le villes et se recompose sans cesse. Face à ces changements permanents, il est difficile de continuer à se déplacer avec une bonne vieille carte, d’autant plus que celles-ci sont souvent trop « veilles » au bout d’un an.

Ces applications, outre faciliter les déplacements, peuvent permettre aussi une plus grande égalité dans les déplacements en rendant plus aisée l’orientation et favorisant la confiance en soi. Muni d’une application, le trajet est davantage assuré, plus besoin de chercher son chemin ou de ne pas avoir son heure d’arrivée à destination par exemple. Elles rendent donc service à la fois aux citoyens, mais aussi aux exploitants des réseaux qui bénéficient d’usagers plus qualifiés et peut-être plus nombreux.

Une aide pas si désintéressée

Les applications qui nous rendent service dans nos déplacement peuvent être crées et gérées par les syndicats exploitant les réseaux de transport, comme la RATP à Paris ou la STAS à Saint-Étienne (avec son application Moovizy). Elles peuvent être aussi des applications indépendantes d’un système de transport en particulier mais qui offre une assistance pour la mobilité au sein d’une ville donnée, en combinant dans ses calculs d’itinéraire plusieurs mode de transport (publics, automobile, marche…). Ces applications conditionnent leur utilisation à la donnée de localisation du smartphone en temps réel, donnée qu’elle peut utiliser à des fins statistiques ou commerciales en les vendant à des publicitaires ou autres tiers.

Mais les applications, parfois gourmandes, ne se content pas de la donnée de localisation. Déjà en 2013, la CNIL publiait sur son site un article, « Applications RATP pour mobiles très indiscrètes ». Son application IOS, en 2013, était déjà capable d’identifier l’adresse MAC de l’interface WiFi de votre iPhone, le nom de celui-ci et la liste des processus actifs (qui indique quelles sont les applications en cours d’exécution), parmi d’autres informations. Là ou la CNIL dénonce une dérive, c’est que ces données soient collectés et envoyés sur le réseau à destination d’un tiers par l’application RATP. Sa version Android (comme beaucoup d’applications de mobilité aujourd’hui) demandait même l’accès aux contacts. Quelle utilité de cette information lors d’un déplacement ?

Une position ambiguë des citoyens

Si les dérives concernant les données personnelles sont dénoncées, suscitant soit la condamnation soit l’indifférence, force est de constater que de plus en plus d’urbains utilisent ces applications qui facilitent le déplacements en temps réel et permettent de profiter plus facilement et plus efficacement de l’offre de transport à leur disposition.

Le récent sandale de Cambridge Analytica a conduit par exemple Facebook à suspendre 200 applications en raison d’un usage abusif ou d’une exploitation illicite des données de leurs utilisateurs en attente d’une enquête approfondie. Ces effet d’annonce ne doivent pas masquer la dépendance croissante que nous avons à ces applications de mobilité, ni les usages inconnus que leurs propriétaires en font.

source : Article de la CNIL, « des applications pour mobile très indiscrètes« , du 4 juillet 2013. Consulté en mai 2018.

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