Un fablab, phénomène urbain?

C’est quoi un Fablab?

Le fablab est un lieux ouvert au public où divers outils sont mis à la disposition de tout le monde. Le fait de fabriquer ensemble génère une attractivité différente des autres espaces de récréation dans la ville. La population ciblée est variée selon les fablabs, mais c’est à destination souvent des entrepreneurs, designers, artistes, bricoleurs et étudiants etc, pour qu’ils puissent faire facilement un aller-retour de la conception au prototypage. Mais c’est aussi un lieu pour transformer ou réparer des objets du quotidien. Aux alentours de 2010, la création personnelle des objets jadis fabriqués industriellement, commence à devenir une tendance de plus en plus forte. Avec la diffusion de l’imprimante et du scanner 3D ou encore du cutter laser, l’individu a plus d’accès aux machines de fabrication industrielle qui étaient réservés aux seuls spécialistes auparavant. L’innovation de la technique rend possible l’achat d’outils assez compacts et à bas prix. De plus, la mode de l’économie partagée a créé ce mouvement de Fablab. En communiquant tête à tête dans un espace commun, nous partageons nos connaissances, techniques et outils pour résoudre idéalement les problématiques locales. Il est indéniable que de nos jours, nous nous éloignons de plus en plus des objets. Nous numérisons des livres, des outils via les applications. Pourtant, le fablab va à contre-courant, il retourne à l’objet. C’est un phénomène proche du retour à la vie en centre-ville en quête de bâtis traditionnels et de convivialité. Les gens aspirent à quelque chose de maniable et d’authentique. Au temps de la fabrication artisanale, dans des ateliers familiaux, « fabrication »et « utilisation » allaient de pair. Après la révolution industrielle, on fabrique en masse en usine, et la relation entre fabrication et utilisation s’éloigne de plus en plus. Par la suite, on délocalise. Le fablab se réapproprie la relation entre ces deux actes et stimule l’imagination et le prototypage.

Un fablab, phénomène urbain?

Un Fablab est un espace typique pour les métropoles, parceque la politique urbaine a tendance à s’orienter vers une cible de manière sélective. La stratégie d’attractivité des villes qui vise une population aisée suscite parfois l’antipathie de la population existante, parce que ces derniers ne se sentent pas concernés ou n’y voient pas leur bénéfice. En zone rurale, on trouve l’ancêtre de fablab, un garage de bricoleur. Les citadins qui n’ont pas d’espace inventent le fablab, plus armé que l’atelier de bricoleur grâce aux outils numériques et aux techniques de pointe. Cela n’a rien de nouveau car la ville a toujours été un endroit montrant la puissance et où sont utilisées les dernières innovations, et cela même depuis Babylone. La différence c’est que le fablab est ouvert au public. Mais il incarne en même temps un lieu sélectif, typique de la vie urbaine ou du fait d’être « créatif ».

Exemple du fablab à saint Étienne « open factory »,

À Saint-Étienne, le fablab « open factory » se situe plaine Achille, à côté de la cité du design et de l’ESADSE. Dans le cadre d’un cours « ville et numérique » un membre de l’association zoomacom nous a permis de visiter ce lieu au mois de février 2017. Il y avait une partie pour le bricolage et l’autre pour l’informatique, et enfin un lieu de rassemblement. Je n’imaginais pas qu’il existait un espace ressemblant à une base secrète à l’intérieur de cette ancienne manufacture d’armes. L’ambiance à la fois conviviale mais sérieuse était peut-être due à la période, la dernière ligne droite de la biennale. Il y avait une équipe qui faisait une réunion pour l’expérience tiers-lieux de la biennale, et d’autres usagers de cet espace. Un adhérent passionné m’a raconté, que le simple fait de réparer un meuble Ikea suscite la créativité et l’inventivité, cela ramène parfois à la création d’un objet unique et génial. Cet espace m’a donné l’envie d’essayer. Mais en même temps, cela ne me semble pas à la portée du premier venu, rien que trouver l’existence de ce lieu demande un certain intérêt a priori dans ce domaine, d’autant plus pour franchir le seuil. La première impression de ce lieu avait renforcé ma compréhension de la nature sélective du fablab que j’avais préalablement. Ce qui m’a fait changer d’avis par la suite, c’est le programme pédagogique organisé en collaboration avec l’école d’ingénieurs Télécom Saint-Étienne, programme intitulé « Design Tech Académie« . Cette formation continue, accueille gratuitement une promotion de 25 personnes. La majorité de l’effectif est réservé pour les jeunes du quartier qui ont parfois vécu un décrochage scolaire, c’est une priorité de la politique de la ville. Elle permet en 10 mois de développer des compétences dans les domaines du développement web et des applications, afin de pouvoir, soit se positionner sur le marché de l’emploi dans les métiers du numérique, soit de poursuivre des études. Open Factory est un des lieux d’accueil de cette formation. Le membre de zoomacom disait aussi qu’il organise des visites à destination des collégiens dans le but de l’inclusion numérique et qu’ils diffusent ce qu’ils ont appris en famille et aux amis. Fablab est un lieu particulier pour un domaine spécifique, mais en relation avec la ville. Ce genre de programme d’animation et d’accompagnement donne plus d’opportunités pour le changement social mais aussi technique plus tard. Les techniques de pointe du fablab deviennent très vite obsolète, mais l’importance et de créer un réseau qui amène par la suite l’innovation.

 

Ruri TAKAHASHI

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photo de Openfactory prise par l’auteur

 

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